God of War : un épisode divin sur PS4

Mon idylle avec Kratos débuta tardivement, avec le remaster de God of War III sur PS3. Plusieurs années ont passé depuis, une pause nécessaire souhaitée par Santa Monica Studio afin de remettre à plat les fondations de la série et lui donner un nouveau souffle. Remettre en cause certains acquis, prendre de nouveaux parti pris pour surprendre et conquérir un nouveau public, voici le pari que s’est donné le studio californien qui déchaînera pour sûr les foudres de certains fans de la première heure. Si leur nouvelle proposition peut être discutée, ce nouveau God of War place la barre très haute.
Rencontre avec un demi dieu pas comme les autres.

Si beaucoup de choses ont changé, l’essence même de la série a été conservée par Cory Barlog et ses équipes. 5 années de travail pour amener la série encore plus loin. Artistiquement et techniquement irréprochable, cet épisode ne s’assoit pas sur son héritage, bien au contraire. Rebooter la série aurait été plus facile mais Cory a tenu à profiter du bagage mythologique de la série pour nous faire traverser les 9 royaumes d’Odin aux influences nordiques.
Une opportunité pour les développeurs de s’attarder davantage sur le personnage même de Kratos.

Si ce God of War reste tout aussi brutal, cet opus parvient à présenter Kratos sous son côté humain avec une histoire plus profonde et plus touchante qui passe par un voyage initiatique qu’il mènera avec son fils Atreus suite au décès de sa femme. Je n’attendais pas ça d’un God of War mais j’ai pris plaisir à suivre le déroulé de l’histoire laisse place aux combats quand cela est nécessaire. C’est mesuré, drôle, parfois émouvant ou brutal. Le contraste entre Kratos sur la réserve et son fils à l’inverse beaucoup plus démonstratif donne lieu à des situations cocasses qui font du bien. Il est ainsi plus facile de s’identifier à Kratos en tant qu’homme.

Outre sa narration soignée, God of War n’a rien perdu de sa mise en scène. Pendant les 25 heures nécessaires pour retourner la quête principale, le jeu nous explique en quoi le passé de Kratos ne doit pas influer sur le présent ni même sur l’avenir de son fils. Santa Monica Studio nous amène à nous questionner sur les événements entre cet épisode et God of War III, sur la manière dont sa femme est parvenue à lui faire contenir sa colère. Aucune explication franche ne nous ait donné mais des indices se dessinent au travers de la réflexion menée sur les traits de personnalité de sa femme telle que la douceur.
Clairement l’histoire de ce God of War n’a rien à voir avec celle des autres épisodes, elle se concentre davantage sur la famille et l’éducation. Les dieux sont bien présents, dont certains physiquement, mais demeurent au second plan de cette nouvelle aventure.

Kratos et Atreus ne sont pas les seuls personnages bien entendu, d’autres PNJ ponctuent notre aventure avec des personnalités bien marquées. On peut citer Brok et Sindri, deux nains qui viendront prêter main forte à Kratos en leur offrant leurs talents de forgeron. Mimir également qui vient compléter notre duo de personnages avec brio au deux tiers de l’aventure. Une tête bien accrochée qui n’hésitera pas à venir taquiner Kratos et conter quelques savoureuses légendes nordiques à Atreus et au joueur. Les développeurs ont vraiment fait preuve de malice pour que l’histoire serve le gameplay, et inversement.

Plus largement, c’est la cohérence de l’univers qui met le joueur à la renverse. Tout est pensé pour que le plaisir soit prolongé, à commencer par le hub représenté par Le Lac des Neuf qui ouvre la voie à de nombreuses quêtes annexes aux lieux inédits et aussi travaillés que ceux de la quête principale. God of War encourage le joueur à prendre son temps et ce grâce à des parades bien trouvées comme les sollicitations d’Atreus à explorer. Et ça marche ! Grâce à des environnements plus ouverts qui se prêtent davantage à la contemplation.
Sans rentrer dans la case des jeux open world, God of War offre une surface de jeu généreuse aux décors variés. Il suffit souvent de quelques coups de rame pour découvrir une plage cachée ou autres ports où accoster.
Pour que l’émerveillement soit continu, il faudra débloquer de nouveaux pouvoirs et capacités afin d’accéder à l’ensemble des zones du jeu demandant alors quelques allers retours. Rien de dérangeant bien que le passage d’un royaume à un autre aurait pu gagner en souplesse.

« c’est la cohérence de l’univers qui met le joueur à la renverse »

Côté bestiaire, si la variété peut un peu décevoir, le soin apporté au character design des trolls ou des loups-garous en jettent ! Les créatures en imposent vraiment. La mise en scène de ces dernières joue sur les ralentis et autres effets pour laisser apprécier le détail et la manière dont Kratos les malmène. C’est jouissif à souhait et cela accentue la puissance des coups portés par Kratos, on sent littéralement la fureur de notre personnage au travers des boutons de la manette.

Plongé dans la mythologie nordique, les designers sont parvenus à en extraire ses formes, ses couleurs, son style, donnant lieu à des panoramas à couper le souffle et à des intérieurs particulièrement bien travaillés. Le tout couplé à des jeux de lumières qui viennent sublimer ce travail d’orfèvre. La grandeur des lieux et des espaces sont toujours là et laisse place à l’enchantement.

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La direction artistique : check ! L’histoire : check ! Qu’en est-il du gameplay ? Pas de grosse révolution de ce côté-ci, ça bastonne toujours autant. La plus grosse évolution vient du système de caméra qui favorise un angle plus rapproché, sans doute plus « habituel » ces derniers temps. Plus classique certes mais parfaitement maîtrisé avec notamment des aides vocales de la part d’Atreus et de Mimir pour les attaques portées dans notre dos.
On pourra compter sur l’esquive ou sur le contre à l’aide de notre bouclier qui se révèle super efficace si le timing est maîtrisé. Ainsi il est possible de prendre l’ascendant sur son adversaire en le contrant et enchaîner plus facilement sur une suite de combo. Un système de flèche de couleurs (jaune pour la présence ennemie, rouge pour une attaque imminente et violet pour les projectiles) vient compléter l’aide apportée au joueur sans trop l’assister pour autant. Une jouabilité accessible qui requiert néanmoins quelques minutes d’apprentissage.
Mais le plus intéressant reste dans la manière d’appréhender un combat : à mains nues ou à la hache, ou les deux pourquoi pas en switchant de l’un à l’autre afin de profiter des attaques et pouvoirs qui leur sont propres. Une fois ces subtilités assimilées, les combats prennent une tout autre dimension et donnent pleinement satisfaction au joueur, encore plus si ce dernier prend la peine de débloquer les arbres de compétences.
Le système de combat est plus complet qu’il n’y paraît avec les armes d’une part mais aussi l’équipement (torse, bras, jambes) ainsi que les fameuses compétences. Il faudra alors amasser des matériaux et de l’argent, en parallèle des quêtes notamment, pour améliorer le niveau de votre hache ou de l’arc d’Atreus débloquant ainsi de nouvelles compétences.
Et non, Atreus n’est pas un boulet que l’on doit supporter mais un vrai allié sur lequel Kratos peut compter en cas de coups durs ou pour prolonger vos combos. Il intervient également pour déchiffrer des runes ou nous aider à progresser. Si la présence d’Atreus est justifié de part l’histoire, elle est également appréciée pour son utilité, notamment pour faire face à la difficulté corsée du jeu.

On pourrait vanter les qualités de ce God of War pendant des heures mais le meilleur moyen de se rendre compte du boulot accompli par Santa Monica Studio, c’est de poser les mains dessus.
Il est possible que tous les fans n’adhèrent pas à cette nouvelle orientation mais une chose est certaine, God of War est divin. Rythmé, intelligent, généreux, ce nouvel épisode s’extrait de ses fondations sans pour autant trahir la série. Il nous raconte une histoire poignante remplie de culpabilité, de tendresse et de sang. Un nouveau point de départ pour une trilogie qui s’annonce d’ores et déjà tombée tout droit du ciel.

Ma note : 5/5

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