Test de LEGO City Undercover : une version Switch enrichie ?

L’empire LEGO fait désormais partie intégrante du paysage vidéoludique. Connu pour avoir parodié certaines des plus grandes franchises d’Hollywood (Batman, Indiana Jones, Harry Potter…), la marque LEGO, élue comme la plus puissante au monde en 2015, a souhaité s’émanciper en s’essayant à d’autres genres dont l’open world très (trop ?) tendance ces derniers temps. Cette volonté s’est traduite par la sortie de LEGO City Undercover sur Wii U en partenariat avec Nintendo permettant au constructeur nippon d’en avoir l’exclusivité et aux joueurs de profiter d’un jeu pensé autour du GamePad. La Wii U n’ayant pas connu le succès escompté, LEGO City Undercover n’a pas vraiment eu l’opportunité de convaincre. L’entreprise LEGO n’a donc pas hésité bien longtemps à rebondir sur la sortie de la Switch (et son maigre line-up) pour porter City Undercover et en faire profiter par la même occasion les joueurs Xbox One, PS4 et PC. La question étant : a-t-on affaire à un portage bête et méchant dont le seul but est d’amortir un peu plus le coût de développement de départ ou, au contraire, LEGO a-t-il pris la peine de revoir sa copie pour en corriger ses quelques faiblesses ?

LEGO City Undercover a beau embrasser l’open world, il n’en renie pas pour autant l’ADN de la licence. L’humour reste central dans l’écriture et c’est finalement là toute la richesse du jeu. Pour ceux qui prendraient le train en route, City Undercover nous met dans la peau de Chase McCain, le flic beau gosse par excellence adulé de tous. Il revient en sauveur à LEGO City menacé par Rex Fury, grand méchant déjà coffré par le passé par Chase. Une quinzaine d’heures de chasse à l’homme seront nécessaires pour rétablir l’ordre à LEGO City, soit 20% environ de complétion du jeu. Pour pimenter les 15 chapitres de l’aventure, vous pourrez compter sur les nombreuses références et parodies que comptent le jeu : Matrix, Les Evadés, Starsky & Hutch, Titanic…

LEGO City Undercover reste un jeu LEGO, je veux dire par là que les mécaniques restent les mêmes : assemblage de pièces détachées, switch entre les différentes skins de personnages (une manière habile pour ouvrir le joueur à plus d’actions) ou encore collecte de boulons n’ont pas bougé d’un iota. En revanche, ces dernières s’appliquent désormais à une map ouverte dont l’agencement peut rappeler un certain GTA. “Rappeler” car la taille de LEGO City reste mesurée malgré toute la variété visuelle qu’elle peut offrir. A l’image des sets LEGO vendus dans/sur leur store, on trouve de tout à LEGO City : quartier asiatique, prison, parc national peuplé de fermes locales, centre d’affaires, bord de mer…
En plus d’être une ville en mouvement, LEGO City est bâtie de façon cohérente avec ses axes routiers qui relient les 3 grandes zones de la map. Open world oblige, vous passerez une bonne partie de votre temps les mains sur le volant. A l’aide de son sifflet, Chase peut stopper la circulation à tout moment et faire son choix parmi les véhicules à l’arrêt. Les voitures s’abîmant assez vite, vous pourrez bondir sur une autre caisse à proximité pour continuer votre chemin. Les 4 roues ne sont pas les seules moyens de locomotion à LEGO City, motos, avions, bateaux et transports en commun sont utilisables, renforçant ainsi ce sentiment de liberté dans ce monde fait de briques. Tout ceci aurait été parfait si la conduite des voitures n’avait pas nui à mon expérience. Ces dernières patinent et n’offrent aucune sensation de vitesse, même à l’utilisation du boost permis par certains modèles. Sachant le rôle occupé par les véhicules dans un open world moderne comme celui de LEGO City Undercover, les développeurs de Traveller’s Tales auraient dû agir.

Avec l’utilisation des skins évoqué plus haut, City Undercover tente d’apporter un peu de fraîcheur au déroulé des missions qui manquent cruellement de challenge pour un joueur un tant soit peu aguerri. En l’occurrence ici, une personne pratiquant Candy Crush Saga sur son téléphone peut être considéré comme aguerri, c’est dire ! Le jeu nous guide à la limite de l’étouffement ne laissant que peu de place à la recherche et à la “réflexion”. A moins de chercher les 100% de complétion du jeu, LEGO City Undercover plaira avant tout aux plus jeunes, les autres pourront se rabattre sur l’écriture.

« Le jeu nous guide à la limite de l’étouffement ne laissant que peu de place à la recherche et à la “réflexion” »

En même temps au vu des objectifs proposés, il était difficile d’injecter une once de difficulté. Fouiller un lieu, casser pour reconstruire de nouveaux objets, mettre la main sur un bâton de dynamite ou une clé, casser une serrure en sont quelques exemples. Parfois des bad guys se mettront sur votre chemin mais là encore, Chase, une fois le Kung fu appris auprès de Morpheus, n’aura aucun mal à menotter ces voyous sans perdre le moindre coeur.

Mais ce qui nous intéresse le plus dans ce test repose finalement sur la technique avec le surplus de puissance embarquée par la Switch comparé à son aîné. Je vais couper court au suspens, non, LEGO n’a pas fait d’effort particulier pour ce portage. Les défauts du passé sont toujours d’actualité à savoir un aliasing constant bien que peu préjudiciable, de bien belles chutes de framerate et, cerise sur le gâteau, des temps de chargement à rallonge. En portable ou dans son dock, le constat est le même et remet en cause les capacités de la console à délivrer une expérience open world parfaitement seamless. The Legend of Zelda : Breath of the Wild est mieux optimisé, ce qui n’empêche pas la Switch de cracher ses poumons de temps en temps.

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Le jeu perd également l’usage du tactile (la Switch le propose pourtant, rappelons-le) mais gagne à la place un ajout de taille : un mode coopératif jouable en local uniquement. Une bonne idée sur le papier, encore aurait-il fallu qu’un Joy-Con puisse faire office de manette mais non, trop de boutons à couvrir nous dit-on ! Deux “vraies” manettes sont demandées pour partager son aventure à LEGO City.

LEGO City Undercover arrive au bon moment, sur Switch tout du moins, pour les joueurs qui auraient déjà quadrillé le line-up de la console. Destiné avant tout aux enfants, le jeu de Traveller’s Tales pâtit des mêmes défauts que ceux de la version Wii U mais reste néanmoins un jeu coloré et sympathique à parcourir. Dommage que LEGO n’ait pas profité de ce laps de temps pour en faire un jeu meilleur.

Ma note : 3/5

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