Test PS4 de DiRT 4 : la boue lui va si bien

Codemasters est un développeur qui n’a pas le temps, après avoir éprouvé l’an passé sa nouvelle formule en s’adressant aux puristes avec DiRT Rally (testé par votre serviteur ici-même), le studio anglais propose de reprendre la route avec DiRT 4 sur PS4, Xbox One et PC. Un épisode plus affirmé, censé parler au plus grand nombre. C’est d’ailleurs ce pourquoi il a tant fait parler de lui, DiRT Rally frôlant avec la perfection. Alors, épisode inutile ou vraie avancée pour la série ?

La série des DiRT joue au yo-yo depuis sa création, d’abord simulation puis plus arcade pour enfin revenir sur quelque chose de plus exigeant et réaliste avec DiRT Rally. Conscient de s’être privé d’une partie des joueurs, Paul Coleman et ses équipes se sont attelés avec DiRT 4 à renouer avec tous les publics sans créer la moindre frustration. Vous allez comprendre comment.

Comme j’ai pu l’expliquer dans mon test de DiRT Rally, le seul reproche véritable que l’on pouvait lui faire était son manque cruel de contenu. Codemasters était focus sur la conduite et semblait limité financièrement pour offrir davantage de circuits, de modes, etc. L’équipe a su entendre la critique et cela se ressent d’entrée de jeu, dès le menu principal de DiRT 4.
DiRT 4 s’émancipe de son titre de jeu de rally pour proposer une expérience plus riche avec un total de quatre disciplines : Rally, Land Rush, Rally Cross, et Historic Rally (soit, on compte trois occurrences du mot rally).
C’est au travers de la carrière notamment que vous allez pouvoir basculer de l’un à l’autre avec votre écurie comme tronc commun. C’est au fil de vos victoires et de l’argent amassé que vous allez être invité à monter votre crew en recrutant ingénieurs et autres mécanos pour gagner toujours plus de coupes !
Sans le comparer à un jeu de gestion, vous porterez aussi bien la casquette de pilote que celle de gérant. Les sponsors viennent renforcer cet aspect avec, une fois leur contrat signé, des objectifs à atteindre entre deux épreuves. Pour garder une bonne entente avec eux, vous pourrez aller jusqu’à amener votre bolide au car wash pour faire briller les stickers des marques qui tapissent votre carrosserie extérieure.
Commençant en bas de l’échelle dans chacune des quatre disciplines, les notes que l’on vous attribue en fin de course (style de conduite, prise de risque…) seront déterminantes pour vos futurs sponsors qui verront en vous (ou pas) un potentiel business.
L’argent ça rentre mais ça part aussi, même dans DiRT 4 ! Après avoir payé votre staff, les frais de réparation (si votre conduite est approximative comme la mienne) ou encore la R&D, il ne sera pas toujours évident d’acquérir de nouvelles caisses, pourtant indispensables pour participer aux catégories supérieures. Pour engranger plus rapidement de l’argent (et accessoirement rencontrer un peu de challenge), mon conseil serait de monter le niveau de difficulté. Même en hard, je me suis rarement retrouvé second sur le podium. Le talent. 😉

DiRT 4 réussit là où son prédécesseur peinait, avec des courses variées aux commandes de buggies ou de camions de course. Mon seul regret porterait sur le nombre de destinations, les environnements étant souvent les mêmes. Un axe d’amélioration pour DiRT 5…

dirt4-test-rally

Autre reproche que l’on pouvait entendre à l’égard de DiRT Rally, c’était son côté austère, comme si le jeu n’avait jamais été réellement terminé. DiRT 4 propose une introduction au rally plus humaine, avec des menus, des couleurs, un ton plus chaleureux. A l’image de ce que peut proposer Turn 10 Studios avec sa série Forza Motorsport, c’est un message d’amour qui est adressé au rally ici. Cette approche ne trahit pas pour autant le positionnement de la série qui se veut résolument simulation malgré un changement de taille : la possibilité de choisir à la première lecture du jeu entre deux styles de conduite, “Gamer” ou “Simulation”. Le premier s’adresse directement aux fans de la première heure de la série avec une accessibilité certaine pour des sessions de jeu “sans prise de tête”. Les aides à la conduite, type contrôles de tractions, sont notamment là pour s’en assurer. Le second renvoie directement à l’expérience DiRT Rally avec une approche plus punitive et donc par définition plus réaliste. Les transferts de masse, l’impression de vitesse, tout y est et y est géré avec brio ! J’avoue avoir fait la première partie du jeu en “Simulation” et avoir terminé sur du “Gamer”, pour une question de confort et de fainéantise professionnalisme. Le jeu permet également d’activer ou de désactiver manuellement ces aides afin de migrer vers le mode simulation en douceur, une démarche intelligente et souple qui invite à tester le pendant simu’.

« un changement de taille : la possibilité de choisir à la première lecture du jeu entre deux styles de conduite »

Derrière le mode Carrière se trouve une foule de contenus : le mode « Compétition » avec ses épreuves imposées par les dev ou encore la création de spéciales par le biais d’un éditeur simple comme bonjour (longueur, difficulté, conditions climatiques…) avec, à la clé, le partage de votre création avec la communauté. Une idée pas forcément nouvelle mais correctement exécutée qui assurera pour sûr une excellente rejouabilité au titre.

Je terminerais par la partie qui fâche et ce pourquoi DiRT 4 ne repart pas avec la note de 5/5, la partie technique. Quelle déception j’ai eu en me lançant à corps perdu dans cette carrière sportive, DiRT Rally m’avait pourtant épaté sur le PC de la copine @Paduction mais autant être clair, DiRT 4 oscille entre le moche et le tout juste passable. Codemasters a beau avoir le mérite d’assurer un 60 images par secondes stable, la réalisation en pâtit fortement. Entre le manque de détail et des textures grossières, on peine à croire d’être sur une console de 8ème génération. Alors cela nuit-il au plaisir de jeu ? La réponse est non mais on aurait aimé une amélioration de ce côté-là.

DiRT 4 reste le digne héritier de DiRT Rally et gagne sans hésiter le titre de meilleur jeu de rally. Il parvient à composer avec le fun des premiers épisodes et la technicité du dernier pour répondre à la demande des initiés et des joueurs plus chevronnés. Également plus riche et globalement mieux pensé, DiRT 4 est une valeur sûre à mettre entre toutes les mains, pour peu que les projections de boue ne vous effraient pas. J’espère sincèrement que les ventes seront aux rendez-vous afin de donner toutes les armes à Codemasters pour que DiRT 5 nous flatte enfin la rétine.

Ma note : 4/5

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