Test de Marvel's Spider-Man Miles Morales (PS5) : un nouveau héros pour une nouvelle gen

Test de Marvel's Spider-Man Miles Morales (PS5) : un nouveau héros pour une nouvelle gen

Il y a 2 ans, j’avais testé ici-même Marvel’s Spider-Man sur PS4. J’en étais sorti vraiment enthousiaste et heureux de constater que Spider-Man pouvait aussi bien briller sur console que sur papier, à l’image d’un certain Batman avec la série Arkham. Pour assurer un minimum le lancement de sa PS5, Sony a donné le feu vert à Insomniac Games pour imaginer une “suite”. Changement de saison mais aussi de personnage comme le souligne le nom du jeu : Marvel’s Spider-Man Miles Morales. Présenté davantage comme un spin-off qu’un véritable second épisode, Spider-Man : Miles Morales parvient-il néanmoins à surprendre au-delà des bénéfices directement liés à la puissance de la PS5 et du retour haptique introduit par la DualSense ?

Si vous avez arpenté Marvel’s Spider-Man, Miles ne vous est pas inconnu. Il révélait à la fin de celui-ci ses pouvoirs à ce bon vieux Peter. Une aubaine pour Pete qui voyait en lui un allié de poids pour protéger à ses côtés les habitants de Manhattan.
Depuis, le personnage de Miles s’est offert un film d’animation (Spider-Man : New Generation) qui a renversé Hollywood à tel point qu’une statuette lui a été décernée lors de la cérémonie des Oscars l’année dernière. Un moyen d’étendre l’univers à davantage de supports et de laisser à Miles plus de place afin d’écrire sa propre histoire. Marvel’s Spider-Man : Miles Morales va donc piocher parmi les longs métrages mais aussi les comics sans pour autant parvenir à trouver sa propre identité. Je parlerais donc plus d’un prolongement aux œuvres évoquées.
On est donc rarement surpris par la tournure des événements ou par la relation qui lie les différents protagonistes que l’on connaît déjà pour la plupart. L’histoire n’en reste pas moins bien racontée même si l’on se veut sur une intrigue générique. Peter nous explique très rapidement qu’il sera absent quelques semaines, Miles va donc hériter des clés de Manhattan. Une grande responsabilité pour un ado de 15 ans qui jusque-là se contentait d’épauler Peter.

Spider-Man : Miles Morales

Bien entendu, à peine Peter parti que les problèmes surgissent de toutes parts pour Miles : des braquages, du trafic d’armes ou des menaces plus importantes introduisant des visages connus mais également quelques nouvelles têtes. Marvel’s Spider-Man : Miles Morales n’a pas vocation à prendre la place du très probable Marvel’s Spider-Man 2, ce n’est donc pas son histoire qui va nous intéresser mais plutôt ce qu’il va essayer de mettre en place.
Ça commence par la manière dont l’amitié et le sens de la famille y sont traités, je pense notamment à la complicité partagée avec son ami Ganke Lee ou encore la relation avec sa mère suite à la disparition de son père. Ceci est renforcé par une mise en scène parfaitement maîtrisée usant des codes du cinéma permettant de hisser Spider-Man comme l’un des super héros les plus fun à contrôler dans un jeu vidéo.
C’est frappant dès la première demi-heure de jeu à vrai dire, qui permet à la fois de donner le ton de cette nouvelle aventure, de faire le lien avec Marvel’s Spider-Man et d’initier les nouveaux joueurs aux commandes.
Miles Morales fait honneur à son aîné en étant toujours aussi virevoltant. Le jeu réussit à nous mettre véritablement dans la peau de Spidey, notamment grâce au jeu de caméra qui se permet de tordre les lois de la gravité. Toujours dans cette quête d’immersion, les développeurs d’Insomniac Games ont très certainement posé leurs mains sur le dernier God of War car on y trouve cette même fluidité quant il s’agit de passer d’une cinématique à un passage joué. L’immersion est de fait maintenue.

une mise en scène parfaitement maîtrisée usant des codes du cinéma permettant de hisser Spider-Man comme l’un des super héros les plus fun à contrôler

Ce qui peut en revanche frustrer un peu, c’est ce sentiment de déjà vu. Marvel’s Spider-Man : Miles Morales est bâti sur les fondations de son grand frère. New York a beau être recouvert d’un joli manteau de neige, la ville reste inchangée. Les activités non plus diffèrent peu de ce que l’on a pu connaître dans le précédent opus. Reste les nouveaux pouvoirs de Miles qui pour le coup permettent de donner un peu plus de profondeur aux combats sans pour autant les réinventer complètement.
J’ai en revanche été étonnement surpris par les missions annexes un peu plus travaillées qui se lancent à partir d’une app mobile au nom de Spidey. 2020 oblige, les new-yorkais sollicitent notre ami via leur téléphone et peuvent même le noter, comme votre dernier livreur Deliveroo. Les mini-jeux de Marvel’s Spider-Man bien trop présents à l’époque laissent quant à eux leur place à des énigmes primaires mais pas désagréables qui consistent à raccorder des pylônes électriques. Une façon intelligente d’exploiter le level design de certains intérieurs notamment.

C’est suffisamment rare pour que je le souligne, j’ai bouclé le jeu à 100%. En d’autres termes, l’aventure est courte et les collectibles suffisamment peu nombreux pour éviter d’être découragé. Ce qui est selon moi une bonne chose. J’en sors avec la satisfaction d’avoir quadrillé tous les quartiers de Manhattan sans pour autant débloquer le trophée Platine, faut pas déconner. A la clé de cette recherche de collectibles et de médailles (défis laissés par Peter qui font office de suite aux tuto), des jetons pour booster vos gadgets ou débloquer les nombreux costumes (certains sont à découvrir sur ma playlist YouTube dédiée au jeu, voir ci-dessous).

Pour les plus téméraires, recommencer le jeu en New Game+ sera nécessaire pour débloquer les dernières compétences qui font la part belle aux pouvoirs bioélectriques de Miles. Peter paraît d’un coup un peu plus ringard car ces nouveaux pouvoirs, en plus de créer des étincelles à chaque coup porté, permet de se rendre invisible temporairement ou de lancer de grosses charges électriques pour mettre à mal l’Underground, la nouvelle faction qui vous donnera du fil à retordre, d’autant plus si vous avez la drôle d’idée de vous en prendre à leurs repaires. l’infiltration sera de mise à ce moment-là pour les affaiblir et porter le coup fatal.

Le système de combat a fait ses preuves et reste toujours aussi solide. Les déplacements sont fluides et permettent, pour peu d’avoir de bons réflexes, d’enchaîner les combos à vive allure et sentir cette puissance montée jusqu’au dernier ennemi tombé au sol. C’est plutôt jubilatoire car il faut garder un œil sur l’environnement et rester en alerte pour qu’aucun projectile ne vous atteigne. Seul regret peut-être, l’absence de boss dignes de ce nom. Le début du jeu donnait pourtant le ton mais voilà un signe supplémentaire quant au statut de spin-off du jeu…

Je n’en ai pas fait mention mais les possesseurs de PS4 ne sont pas écartés par cette sortie. Reste que la version PS5 est celle mise en avant par Sony pour vanter toute la puissance de sa nouvelle machine. Malheureusement et comme je pouvais le partager dans ma vidéo “60i/s ou Ray Tracing, quoi choisir ?”, il est malheureux de voir que le joueur doit faire un compromis entre graphismes et performances après avoir lâché 500 euros dans une console dernier cri… Le mode Graphismes mettra à l’honneur le Ray Tracing, cette fameuse techno déjà bien répandue sur PC qui permet de refléter n’importe quels éléments dynamiquement. New-York étant un miroir à lui tout seul avec ses buildings vitrés, il est vrai que c’est plutôt chouette de voir son reflet sur deux tiers des surfaces… Reste qu’avec ce mode Graphismes, le jeu tombe à 30fps. Le second mode, Performances, prend le chemin inverse en vous permettant d’atteindre les 60fps sans Ray Tracing et avec des lumières soit disant moins “next gen”. Bon, entre vous et moi, mon choix a été vite fait, avec des déplacements aussi rapides que ceux de Spidey, j’ai favorisé les 60fps. L’image en est un peu plus nette et le plaisir de jeu décuplé.
Côté DualSense, en sortant de Astro’s Playroom qui surexploite littéralement le retour haptique, il m’a été difficile d’être surpris par l’utilisation des gâchettes adaptatives qui remplissent leur rôle, pas plus pas moins.

Pour conclure sur ce premier jeu PS5, je dirais que Marvel’s Spider-Man : Miles Morales manque d’ambition, à la fois dans son écriture que dans ses activités. À l’inverse, l’apport de la bioélectricité est loin d’être gadget et vient dynamiser encore un peu plus des combats déjà captivants. Si ce que le jeu raconte ne vous renversera pas, la mise en scène devrait elle flatter votre rétine avec ce subtil mélange du 7ème et du 10ème art.
Insomniac Games a été mobilisé pour participer au lancement d’une nouvelle console avec un spin-off solide qui ravira les fans de la franchise. Le studio américain en a profité pour parfaire sa formule avec un jeu plus agréable à prendre en main, aussi bien dans ses déplacements que dans ses combats. Sous prétexte que Mile Morales fasse partie du line-up de lancement de la console, on regrettera que son prix de vente conseillé soit de 70 euros et non pas de 40 comme le fut un certain Uncharted : The Lost Legacy. Sans doute pour une question d’image…
On attend désormais l’officialisation de Marvel’s Spider-Man 2 qui marquera le retour de Peter avec, on l’espère, son lot de surprises !

NOTE : 3/5

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