Test de NBA 2K20 : l’épisode transitoire ?

J’ai beau avoir décroché de la NBA, je reste toujours très attaché à la discipline et donc à la franchise NBA 2K dont mon premier souvenir remonte à la Dreamcast avec NBA 2K premier du nom. Avec des ventes hors normes faisant de NBA 2K19 l’épisode le plus vendu de la série, Visual Concepts devait se retrousser les manches pour convaincre son public à lâcher les 70 euros annuels. Les arguments avancés cette année ? Un nouveau mode carrière plus réaliste et une progression moins dépendante des microtransactions.

Je le disais, Take-Two et Visual Concepts brassent de l’argent avec 2K, beaucoup d’argent, suffisamment pour s’être offert pour un milliard de dollars l’utilisation et la reproduction des joueurs et franchises pour les 7 années à venir. La traduction de cette dépense ? De nouvelles équipes historiques passant de 62 à 65 compositions et des changements parmi les existantes. Les Hawks de 70-71 par exemple laisse place à des équipes plus “modernes” comme les Blazers de 2009 avec notre Batum national.
Premiers amoureux du basket-ball, les développeurs de Visual Concepts ont également actualisé les progressions de certains joueurs pour coller au plus proche de la réalité. Blake Griffin profite par exemple d’un meilleur shoot extérieur suite à ses performances sur le terrain lors de la saison dernière. Ces changements sont peu perceptibles pour le joueur occasionnel mais participent à la réputation de la série.

Mais les hommes ne sont plus les seuls concernés, les joueuses le seront aussi désormais ! Car oui, NBA 2K emboîte le pas à NBA Live 18 en introduisant la WNBA. 2K soigne davantage l’arrivée des joueuses que son concurrent malgré qu’il ne soit pas encore possible de les éditer. Première itération oblige.
Jouables en partie rapide comme dans le mode saison, les 12 équipes offrent une expérience de jeu (trop ?) proche de celle des joueurs. J’ai souvenir d’avoir été davantage bousculé quand j’ai dirigé pour la première fois une équipe féminine sur FIFA, dans le rythme de la rencontre comme dans la puissance des frappes / passes.
Côté modélisation, pas de jaloux puisque les joueuses profitent de la même finition que leurs homologues masculins, à commencer par notre frenchie Marine Johannes.

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L’une des forces de la série 2K réside dans le visuel et ce nouvel épisode ne manque pas à l’appel. Même si par rapport à l’année passée, le gap n’est pas criant, NBA 2K20 fout une claque peu égalée. Les visages sont un chouilla plus fins et les effets de lumières donnent vie au terrain. On s’y croirait !
Mais ma plus grande attente se plaçait dans le mode carrière et son fameux prélude. Pour le coup, l’upgrade est plus frappante. Car les années passées, j’avais le sentiment de me retrouver sur PS3 lors des cutscenes. Le jeu d’acteur ainsi que la modélisation d’Idris Elba (Luther, Thor) et Rosario Dawson (Sin City, Sept Vies), qui jouent respectivement votre coach universitaire et conseillère, donnent du crédit à ce mode scénarisé qui vous transportera jusqu’à la grande ligue.

D’année en année, Visual Concepts réhausse le niveau. Le studio a fait appel cette année à SpringHill Entertainment dont le coeur de métier n’est autre que la réalisation de longs-métrages sportifs (More Than a Game en est un exemple). Grâce à cette collaboration, le prélude du mode carrière accroche le joueur. Vous jouez un jeune capitaine qui se fait virer de son équipe universitaire après avoir pris la défense d’un coéquipier blessé. Sympa. Cette bravoure donnera naissance à votre surnom : Che. Il est intéressant de constater que cette année, l’écriture de ce prélude se veut moins extravagante, ce qui est, attention, une bonne chose. Plus centré sur les débuts d’un futur joueur de NBA, l’histoire s’attarde à soulever des questions plus profondes sur la gestion des émotions, le rapport avec les institutions ou encore les sacrifices que peuvent représenter un tel voyage. Ce sentiment est d’autant plus palpable lorsque l’on sait qu’il est le reflet des débuts de LeBron James, invité à participer à la production de ce chapitre. Le chemin emprunté est plus conventionnel avec un passage à l’université, avant d’enchaîner sur la NBA combine, un essai dans trois équipes, la Draft – un peu trop vite expédiée -, pour enfin se terminer sur la Summer League. C’est à ce moment-là que notre entourage disparaît des radars un peu sèchement. On aurait apprécié que la coupure soit moins franche pour retrouver ponctuellement les personnages sur les premières saisons. D’autant que pour la première fois, il ne s’agissait pas de caricatures d’agent, de meilleur ami, etc.

L’une des autres nouveautés notables est la refonte en profondeur de la création de joueur introduite par la démo du jeu. En plus de son poste, son archétype et ses mensurations, vous serez amené à pointer les forces et les faiblesses de votre joueur. Ca se fait en 3 temps : le choix du profil qui détermine les compétences max par typologie de poste (meneur, shooter, etc), viennent ensuite les caractéristiques physiques (vitesse, détente, etc) avant de terminer sur les compétences que vous serez invité à améliorer au gré de vos matchs. Si la création d’un joueur demande quelques minutes d’attention, elle en demeure vraiment poussée avec une infinie de combinaisons !
Cette création de joueur s’accompagne du retour de la barre de progression générale qui, à l’inverse de 2K19, se montre plus permissive. On peut désormais choisir vers quel secteur évoluer. La logique d’insignes fait sa révolution avec quatre catégories distinctes : finition, tir, organisation et défense / rebond, dont chacune porte sa propre barre de progression qui, une fois complétée, débloque un niveau d’insigne. La progression sera lente mais décorrélée de la monnaie virtuelle du jeu (VC) qui fait tant débat auprès de la communauté.
Après la migraine passée à déterminer quelle sera votre archétype idéal, vous pouvez déambuler avec votre création dans le quartier (trop) semblable à celui de l’année dernière, même si les développeurs nous promettent plus d’animations au fil des mois. Reste l’idée de hub plutôt cool pour un jeu de basket.

Qu’en est-il du coeur du jeu ? Le gameplay de 2K20 reste une référence en la matière pour moi. Subtile et technique à la fois, il offre ce qu’il y a de mieux dans les simulations de sport. Cette année, Visual Concepts s’est attardé à faire évoluer deux points. Le premier peut sembler accessoire et pourtant, il permet une meilleure lecture des actions. On peut dorénavant apercevoir une jauge pour les tirs adverses (fonctionne aussi pour les collègues) et donc revoir sa stratégie de jeu en fonction des timings observés. Dans le même style, le cercle au niveau de nos sneakers brandées Air Jordan (du moins les miennes) devient rayé si l’on est en passe de se faire chiper le ballon, cadrant ainsi un peu plus l’usage abusif de cross notamment.
La seconde “nouveauté” se situe du côté de la défense. Terminées les interceptions en série lors de dribbles, désormais il faudra véritablement batailler pour reprendre le ballon. Il en va de même sur la domination au rebond.
Il sera aussi plus difficile de faire une brèche dans la raquette, pour placer un lay-up par exemple. Ce sont donc des ajustements qui gomment encore un peu plus la frontière entre le jeu et le réel.

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On a abordé longuement le mode carrière mais que serait un NBA 2K sans sa panoplie de modes de jeu. On retrouve donc sans surprise les saisons classiques et le mode GM qui vous place en bon gestionnaire d’une franchise. Pas de prise de risque particulière, même l’ajout de l’expérience et d’un arbre de compétences (finances, diplomatie, etc) ne semblent pas venir bousculer la routine de ce mode.
Même combat pour le mode Mon Équipe qui rapporte pourtant gros à Take-Two. Bâtir l’équipe de ses rêves, voilà la promesse de ce mode. Pour être un peu plus tenté par l’achat de packs, Visual Concepts a sorti de son chapeau des cartes évolutives qui nécessiteront d’atteindre un objectif donné en match avec le joueur indiqué pour espérer l’améliorer. Plus tentant, les cartes duos iconiques profitent d’un boost dès lors qu’un joueur se retrouve à jouer avec son coéquipier de coeur. On peut citer Scottie Pippen qui vient supporter MJ sur le parquet, pour les nostalgiques de l’ère des Chicago Bulls comme moi.

Mais pour espérer se retrouver avec de telles pointures en match, il ne faudra pas compter les heures, ou les euros, c’est au choix. C’est malheureusement là où tout dégringole. Conscient de la manne financière que cela représente et au vue des résultats financiers obtenus grâce aux micro transactions passées sur NBA 2K19, Take-Two a resigné et ce malgré la grogne des joueurs.
Les VC, pour Virtual Currency, permettent de payer pour aller plus vite. Mal utilisés, cela peut vite gangrener un jeu. Ici, pour espérer voir son joueur monter à 85 de général sans remplir sa barre de progression, comptez un minimum de 200 000 VC. Pour vous donner un ordre d’idée, votre début de carrière en NBA vous rapportera aux alentours de 1 000 VC par match, 1 400 en gérant avec doigté vos sponsors pub. Et ça c’est pour votre joueur, si vous cherchez à l’habiller façon Gatsby le Magnifique, c’est la banqueroute assuré. Certains items cosmétiques ont même vu leur prix grimper depuis l’année dernière, preuve que Take-Two assume sa position par rapport à ce modèle économique. Gageons que cela se freine ou que les joueurs tournent le dos à ce genre de tentations…

J’ai pris beaucoup de plaisir à reprendre du service avec mes 1m88 (pas de raison que mon avatar ne me représente pas). Cependant et malgré mon amour inconditionnel pour cette série, il faut reconnaître que NBA 2K20 est un épisode que j’appellerai de transitoire avec l’arrivée prochaine des PS5 et Xbox Series X. EA quant à lui a jeté l’éponge avec son NBA Live laissant une énième fois le champ libre à Take-Two…
La série se bonfinie pourtant et peut se targuer d’offrir enfin un mode scénarisé de qualité. Les fondations sur lesquelles se reposent ce 2K20 assurent un vrai spectacle visuel comme à chaque fois, en plus d’offrir une retranscription fidèle des matchs manette en mains. On regrettera cependant le manque de clairvoyance de Take-Two sur les VC qui pourraient se retourner contre lui si les choses ne s’améliorent pas…

Ma note : 4/5

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